L’escalade en foret de Fontainebleau – Gite
- 14 février 2026
- Blog, Bouldering, Les Activités
Bienvenue aux Gîtes Dame Jouanne ! Avant d’avoir le plaisir de vous accueillir dans notre havre de paix à Larchant, je suis avant tout un amoureux inconditionnel de la nature et du bouldering à Larchant. Mon histoire avec la forêt de Fontainebleau et ses blocs mythiques a commencé il y a près de 30 ans, au pied de ces mêmes rochers qui entourent aujourd’hui nos gîtes.
J’ai conçu les Gîtes Dame Jouanne comme le « camp de base » idéal que j’aurais aimé trouver à mes débuts. À travers les quelques lignes qui suivent, j’avais envie de partager avec vous l’étincelle qui a allumé cette passion. Que vous veniez séjourner chez nous pour brosser vos premières prises, affronter des dévers extrêmes, ou simplement vous ressourcer sous les pins, j’espère que ce récit vous fera ressentir la magie de Larchant. Bonne lecture, et à très vite sur les rochers !
Quelle est la meilleure façon d’aborder le sujet du bouldering à Larchant ? Pour certains, c’est un sport de compétition ou un entraînement intensif. Pour moi, c’est un mode de vie et une façon unique de profiter de la nature. Certains cherchent l’ascension éclair, d’autres passent des années sur un projet. Mais ce qui est certain, c’est que l’escalade de bloc est toujours une expérience profondément personnelle : un défi du corps et de l’esprit, toujours enrichissant.
Depuis ma plus tendre enfance, les montagnes m’ont fasciné. J’ai gravi de nombreux sommets avec mon père, qui m’a appris à grimper. J’aimais cette sensation d’être au sommet du monde, de m’éloigner de mon environnement familier pour découvrir de nouvelles choses. C’est en 1997, fraîchement arrivé à Larchant – à l’orée de la forêt de Fontainebleau – que j’ai grimpé mon premier bloc, presque par hasard. À seulement 5 minutes à vélo, mes compagnons et moi avons découvert des centaines de blocs erratiques, semblant avoir été placés sous les pins par la main de Dieu.
Je me souviens de cette première véritable ascension. Je me suis retrouvé suspendu au bord d’un toit, à quatre mètres du sol, devant effectuer un crochet de talon. Tremblant, le cœur battant la chamade, je me suis dit : « Je ne peux pas me permettre de tomber maintenant ». Poussant un cri de joie en atteignant le sommet, j’étais conquis. J’ai alors appris qu’il faut savoir attendre, rester calme, et aborder la roche de manière réfléchie. Essayer, échouer, lutter et réussir… C’est là que je suis tombé amoureux du bloc.
Explorer ces blocs de toutes formes et couleurs était exaltant, comme ouvrir ses cadeaux de Noël. Il fallait « décoder » la nature pour résoudre les problèmes. Quelles possibilités s’offraient à nous ? Une petite prise, une arête, une pince ? Nous nettoyions les rochers avec passion, parfois avec de simples brosses à dents. Chacun y développe ses préférences :
Les équilibristes cherchent les arêtes arrondies.
Les techniciens adorent les dalles et le jeu d’adhérence.
Les grimpeurs en quête de puissance privilégient les dévers.
Les plus tenaces recherchent les minuscules prises douloureuses.
En général, rien ne se fait par la seule force brute ; l’erreur réside souvent dans les détails.
Avant, il n’y avait ni guides ni indications. Nous nous laissions guider intuitivement dans les bois, repérant de temps à autre des traces blanches de magnésie. Le milieu était restreint et soudé. Nous partagions volontiers nos informations sur les derniers projets autour d’un tapis de réception. Aujourd’hui, l’escalade sans corde est en plein essor. Les salles poussent comme des champignons, et l’approche ludique et athlétique du bloc a conquis le monde, jusqu’à faire son entrée officielle aux Jeux Olympiques en 2021 (puis à Paris en 2024). Pourtant, la forêt de Fontainebleau et ses blocs de granit restent intemporels. Il suffit toujours de s’y promener pour dénicher les problèmes les plus beaux et les plus intéressants.